Assurance vie · Guide expert

Transférer son assurance vie en 2026 : ce qui est réellement possible

Transférer son assurance vie ne signifie pas ce que l'on croit souvent. La règle à connaître avant toute démarche : on ne peut pas déplacer un contrat d'assurance vie d'un assureur à un autre en gardant son antériorité fiscale. Ce qui est possible, c'est le transfert interne, c'est à dire la transformation vers un contrat plus récent chez le même assureur sans perte de l'antériorité (loi PACTE), et, dans certains cas, le passage vers un PER. SADOVA PATRIMOINE, courtier en assurance, vous aide à distinguer ces options et à choisir la plus pertinente.

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Transfert d'assurance vie Publié en avril 2026 · Mis à jour octobre 2026
En un coup d'oeil

Transfert interne ou rachat d'assurance vie en 2026

Coût fiscal des gains en cas de rachat
Avant 8 ans
12,8 %
17,2 %
30 %
Après 8 ans
7,5 %
17,2 %
24,7 %
Impôt sur le revenuPrélèvements sociaux

Après 8 ans, le taux de 7,5 % s'applique après un abattement annuel, tant que les primes versées restent inférieures à 150 000 €.

Ce que le transfert interne préserve
Abattement après 8 ans
4 600 €
par an, personne seule (9 200 € pour un couple)
Transmission, primes avant 70 ans
152 500 €
par bénéficiaire

Le transfert interne chez le même assureur (loi PACTE) ne déclenche aucune imposition immédiate et conserve l'antériorité fiscale du contrat.

Sources : Service-Public.gouv.fr (F22414, F2329), articles 125-0 A et 990 I du code général des impôts (Légifrance). Montants 2026, à titre indicatif.

Peut-on transférer son assurance vie d'un assureur à un autre ?

Non. Contrairement à un livret, à un PEA ou à un PER, l'assurance vie n'est pas transférable d'un assureur à un autre en conservant son ancienneté. Il n'existe aucun dispositif légal de portabilité entre deux compagnies différentes. L'antériorité fiscale (l'âge du contrat, qui ouvre des avantages au bout de 8 ans) est attachée au contrat souscrit auprès d'un assureur donné : elle ne suit pas l'épargne si vous changez d'établissement.

Concrètement, pour quitter un assureur et en rejoindre un autre, il faut :

  • Racheter (clôturer, en totalité ou en partie) le contrat existant, opération qui déclenche l'imposition des gains selon la fiscalité du rachat(Service-Public.gouv.fr 1) et les prélèvements sociaux de 17,2 %(Service-Public.gouv.fr 2).
  • Puis souscrire un nouveau contrat chez l'assureur choisi, dont le compteur d'ancienneté repart de zéro.

Cette absence de portabilité explique pourquoi la question du transfert est souvent mal posée. La bonne approche consiste à comparer deux voies très différentes : rester chez son assureur pour un transfert interne (sans perte d'antériorité), ou racheter pour repartir ailleurs (avec perte d'antériorité mais, parfois, un contrat nettement meilleur). Les frais d'entrée, de gestion et d'arbitrage d'un nouveau contrat sont donnés à titre indicatif et varient selon les contrats ; ils doivent entrer dans le calcul.

Qu'est-ce que le transfert interne (loi PACTE / amendement Fourgous) ?

Le transfert interne est la seule forme de transfert qui préserve l'antériorité fiscale. Il consiste à transformer votre contrat en un contrat plus récent, chez le même assureur, généralement pour passer d'un vieux contrat monosupport en euros vers un contrat multisupport plus moderne (avec unités de compte) ou vers un support eurocroissance.

Ce mécanisme découle de l'ancien amendement Fourgous, élargi par la loi PACTE n°2019-486 du 22 mai 2019 (article 72)(Légifrance 3). L'article 125-0 A du code général des impôts précise que cette transformation « n'entraîne pas les conséquences fiscales d'un dénouement », qu'elle soit réalisée par avenant au contrat ou par souscription d'un nouveau contrat auprès de la même entreprise d'assurance(Légifrance 4). Avant la loi PACTE, la transformation imposait d'investir une part minimale en unités de compte ; cette contrainte a été assouplie.

Ce que le transfert interne permet et ne permet pas :

  • Il conserve la date d'ouverture du contrat d'origine, donc l'ancienneté fiscale (seuils de 8 ans notamment)(Légifrance 4).
  • Il s'effectue uniquement au sein du même assureur et seulement si celui-ci propose une offre d'accueil : vous ne pouvez pas l'imposer s'il n'existe pas de contrat de destination.
  • Vous pouvez demander à transformer un contrat en euros en contrat multisupports via une procédure dédiée(Service-Public.gouv.fr 5).
  • Il ne garantit pas les mêmes conditions : le taux et les garanties du fonds en euros du nouveau contrat peuvent différer. Les rendements passés ne préjugent pas des rendements futurs.

Avant d'accepter un transfert interne, vérifiez la gamme de supports du nouveau contrat, ses frais (à titre indicatif, variables selon les contrats) et l'intérêt réel du changement. Pour comprendre les supports proposés, consultez notre guide sur les unités de compte.

Transférer son assurance vie vers un PER : intérêt et conditions

La loi PACTE a créé le Plan d'épargne retraite (PER) et avait prévu, à titre transitoire, un dispositif incitant à basculer son épargne d'assurance vie vers un PER. Ce dispositif est aujourd'hui terminé.

Précisément : l'avantage fiscal lié au transfert d'un contrat d'assurance vie de plus de 8 ans vers un PER, qui consistait en un doublement des abattements liés à la détention, a cessé le 31 décembre 2022(Service-Public.gouv.fr 6). Depuis le 1er janvier 2023, il n'est donc plus possible d'en bénéficier. Méfiez-vous des contenus en ligne qui le présentent encore comme une opportunité d'actualité.

En 2026, il reste techniquement possible de « transférer » son assurance vie vers un PER, mais l'opération se décompose en deux temps sans bonus fiscal particulier :

  • un rachat de l'assurance vie, imposé selon la fiscalité du rachat (avec, après 8 ans, l'abattement annuel de 4 600 euros pour une personne seule ou 9 200 euros pour un couple)(Service-Public.gouv.fr 1) ;
  • un versement sur le PER, déductible du revenu imposable dans la limite du plafond (10 % des revenus professionnels de l'année précédente, soit au maximum 37 680 euros en 2026)(Service-Public.gouv.fr 6).

Le choix entre conserver son assurance vie et alimenter un PER ne se résume pas à un transfert : il met en jeu deux logiques différentes (disponibilité de l'épargne, horizon retraite, transmission, tranche d'imposition). Nous le détaillons dans notre comparatif PER ou assurance vie et sur notre page PER retraite. SADOVA PATRIMOINE peut vous accompagner sur le PER assurantiel, qui relève de l'assurance.

Bureau avec carnet et stylo
Transférer son assurance vie ne se décide pas à la légère : chaque démarche engage l'antériorité fiscale du contrat.

Quelles conséquences fiscales d'un transfert ?

Tout dépend de la voie choisie. Le tableau ci dessous résume les conséquences des deux options principales.

OpérationAntériorité fiscaleImposition immédiate
Transfert interne (même assureur, loi PACTE)Conservée (date d'origine maintenue)Aucune : pas de dénouement fiscal(Légifrance 4)
Rachat puis nouveau contrat (autre assureur)Perdue : le compteur repart à zéroGains imposés (PFU ou barème) + prélèvements sociaux 17,2 %(Service-Public.gouv.fr 2)
Rachat puis versement sur un PERPerdue côté assurance vieGains imposés au rachat ; versement PER déductible(Service-Public.gouv.fr 6)

À titre d'information fiscale neutre, en cas de rachat d'un contrat de moins de 8 ans, les gains sont soumis au prélèvement forfaitaire unique de 12,8 % au titre de l'impôt sur le revenu (ou au barème sur option), auquel s'ajoutent 17,2 % de prélèvements sociaux. Après 8 ans, s'applique l'abattement annuel de 4 600 euros (seul) ou 9 200 euros (couple), puis un taux de 7,5 % tant que les primes versées restent inférieures à 150 000 euros, 12,8 % au delà, plus les prélèvements sociaux(Service-Public.gouv.fr 1).

Un point souvent oublié concerne la transmission. L'avantage successoral de l'assurance vie dépend de l'âge auquel les primes ont été versées : pour les primes versées avant 70 ans, chaque bénéficiaire profite d'un abattement de 152 500 euros sur le capital transmis(Légifrance 7). Un transfert interne maintient l'historique du contrat, tandis qu'un rachat suivi d'une nouvelle souscription peut modifier ce traitement (nouvelles primes, parfois versées après 70 ans). Pour une analyse de la fiscalité au dénouement, voyez notre guide fiscalité de l'assurance vie. Pour une situation successorale complexe, rapprochez-vous d'un professionnel compétent (notaire).

Faut-il plutôt ouvrir un nouveau contrat ?

Lorsqu'un assureur ne propose pas de transfert interne satisfaisant, la vraie question devient : vaut il mieux conserver le contrat, l'arbitrer de l'intérieur, ou le clôturer pour en ouvrir un meilleur ? Quelques repères de décision :

  • Contrat de moins de 8 ans avec peu de gains : le coût fiscal d'un rachat est limité ; ouvrir un contrat plus performant (frais réduits, large choix d'unités de compte) peut se justifier.
  • Contrat de plus de 8 ans, forte antériorité, gains importants : la perte de l'ancienneté et l'imposition des gains pèsent lourd. Un transfert interne, ou un simple arbitrage à l'intérieur du contrat, est souvent préférable à une clôture.
  • Objectif de transmission : si des primes ont été versées avant 70 ans, conserver le contrat protège l'abattement de 152 500 euros par bénéficiaire. Une clôture peut faire perdre cet avantage.
  • Insatisfaction sur les supports ou les frais : avant de tout clôturer, vérifiez si une réorientation des versements et des arbitrages internes suffit à atteindre votre objectif.

Les frais et les performances évoqués dans toute comparaison sont donnés à titre indicatif et varient selon les contrats ; les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Un conseil utile consiste à chiffrer, avant toute décision, le coût fiscal réel d'un rachat et à le comparer au gain attendu sur le nouveau contrat.

Notre accompagnement

En tant que courtier en assurance, SADOVA PATRIMOINE vous aide à y voir clair sur votre contrat d'assurance vie : analyse de son ancienneté et de ses frais, étude de l'opportunité d'un transfert interne chez votre assureur, comparaison des contrats de nos partenaires assureurs, sélection des unités de compte et aide aux arbitrages. Nous intervenons sur le périmètre de l'assurance vie et du PER assurantiel, ainsi que de la prévoyance et de la complémentaire santé.

Nous ne délivrons pas de conseil en investissement sur les titres en direct (actions, ETF, compte-titres) ni de montage d'ingénierie fiscale ou successorale : pour ces sujets, nous vous orientons vers un professionnel compétent (conseiller en investissements financiers, notaire, avocat fiscaliste ou expert-comptable). Pour faire le point sur votre situation, commencez par notre diagnostic patrimonial gratuit ou prenez rendez-vous.

FAQ Transfert d'assurance vie

Non. Il n'existe aucune portabilité légale permettant de déplacer un contrat d'assurance vie vers un autre assureur en conservant son antériorité fiscale. Pour changer d'assureur, il faut racheter (clôturer) l'ancien contrat, ce qui déclenche l'imposition des gains et remet à zéro le compteur des 8 ans, puis souscrire un nouveau contrat. La portabilité avec antériorité conservée existe pour le PER, mais pas entre deux contrats d'assurance vie d'assureurs différents.
C'est la possibilité de transformer un contrat d'assurance vie en un contrat plus récent au sein du même assureur, sans perte de l'antériorité fiscale. La loi PACTE du 22 mai 2019 a élargi cet ancien dispositif Fourgous : le transfert interne vers un contrat multisupport ou eurocroissance n'entraîne pas les conséquences fiscales d'un dénouement (article 125-0 A du CGI). Il se fait par avenant ou par souscription d'un nouveau contrat chez le même assureur, et seulement si celui-ci propose une offre d'accueil.
Non. L'avantage fiscal lié au transfert d'un contrat d'assurance vie de plus de 8 ans vers un PER (doublement des abattements) a cessé le 31 décembre 2022. Depuis le 1er janvier 2023, ce dispositif n'existe plus. Il reste possible de racheter son assurance vie et de verser le produit sur un PER, mais sans bonus fiscal spécifique : le versement suit alors le régime de droit commun du PER.
Non. C'est tout l'intérêt du transfert interne chez le même assureur : la date d'ouverture du contrat d'origine est conservée. Si votre contrat a plus de 8 ans, vous gardez l'abattement annuel de 4 600 euros (personne seule) ou 9 200 euros (couple) sur les gains en cas de rachat, ainsi que l'ancienneté acquise. Un rachat total suivi d'une nouvelle souscription, à l'inverse, repart de zéro.
Pas systématiquement. Si le contrat a moins de 8 ans et peu de gains, le coût fiscal d'un rachat est faible et ouvrir un meilleur contrat peut se justifier. Si le contrat a plus de 8 ans, avec une forte antériorité et des gains importants, il est souvent préférable de demander un transfert interne ou d'arbitrer à l'intérieur du contrat plutôt que de le clôturer. La décision dépend de l'âge du contrat, des frais, de la gamme de supports et de l'objectif de transmission.

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Information importante : cet article est fourni à titre informatif, sur la base de la réglementation en vigueur à la date de mise à jour (code général des impôts, code des assurances et textes cités). La réglementation et les montants sont susceptibles d'évoluer. SADOVA PATRIMOINE intervient en qualité de courtier en assurance, sur le seul volet de l'assurance vie, du PER assurantiel et de la prévoyance. Les éléments fiscaux sont donnés à titre d'information neutre et ne constituent pas un conseil personnalisé : pour une analyse adaptée à votre situation, contactez votre courtier en assurance ou, pour les volets fiscal et successoral, un professionnel compétent (notaire, avocat fiscaliste ou expert-comptable).

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