Fiscalité de l'assurance vie en 2026 : rachats, abattements et succession
Guide complet · Mis à jour octobre 2026
La fiscalité de l'assurance vie en 2026 repose sur un principe simple : seuls les gains compris dans un rachat sont imposés, jamais le capital retiré. Avant 8 ans, ces gains supportent le prélèvement forfaitaire unique de 12,8 %(Service-Public.gouv.fr 1) à l'impôt sur le revenu ; après 8 ans, le taux tombe à 7,5 %(Service-Public.gouv.fr 1) après un abattement annuel de 4 600 € (personne seule) ou 9 200 € (couple)(Service-Public.gouv.fr 1). Dans tous les cas s'ajoutent les prélèvements sociaux de 17,2 %(Service-Public.gouv.fr 1). En cas de décès, la transmission bénéficie d'un régime distinct : 152 500 € exonérés par bénéficiaire(BOFiP-Impôts (DGFiP) 2) pour les primes versées avant 70 ans.
Ce guide détaille l'imposition de l'assurance vie en 2026 : taxation des rachats avant et après 8 ans, calcul de la plus-value imposable, prélèvements sociaux et traitement successoral (articles 990 I(BOFiP-Impôts (DGFiP) 2) et 757 B(BOFiP-Impôts (DGFiP) 3) du code général des impôts). Les montants cités proviennent de sources officielles, listées en bas de page.
Cette page est une information générale et non personnalisée ; elle ne constitue pas un conseil fiscal individualisé. SADOVA PATRIMOINE est courtier en assurance (COA, ORIAS 26006727) : son accompagnement porte sur l'assurance vie et les solutions d'épargne assurantielle. Pour un montage patrimonial qui dépasse ce cadre (démembrement, société civile, donation ou transmission d'un bien immobilier), nous vous orientons vers un professionnel compétent (notaire, avocat fiscaliste).
La fiscalité de l'assurance vie en 2026
Après 8 ans, un abattement annuel de 4 600 € (seul) ou 9 200 € (couple) s'applique sur les gains avant imposition.
Sources : Service-Public.fr (F22414), BOFiP (BOI-TCAS-AUT-60, BOI-ENR-DMTG). Montants 2026, à titre indicatif.
Comment l'assurance vie est-elle imposée ? Seuls les gains d'un rachat sont taxés
Premier principe, souvent mal compris : tant que vous n'effectuez aucun retrait, les gains capitalisés au sein d'un contrat d'assurance vie ne supportent aucun impôt sur le revenu (les prélèvements sociaux sont toutefois ponctionnés chaque année sur les intérêts du fonds en euros). L'imposition n'intervient qu'au moment d'un rachat, partiel ou total. L'épargne n'est pas bloquée : il est toujours possible de retirer tout ou partie de son capital avant le terme(Service-Public.gouv.fr 4), l'ancienneté du contrat influant sur la fiscalité du rachat, pas sur la possibilité d'y procéder.
Second principe : lors d'un rachat, vous n'êtes pas imposé sur la totalité de la somme retirée, mais uniquement sur la part de gains qu'elle contient. Chaque retrait est réputé composé, au prorata, d'une fraction de capital (non imposable) et d'une fraction de plus-values et intérêts (imposable). La formule est la suivante :
- Gain imposable = montant du rachat × (valeur totale des gains du contrat / valeur totale du contrat) ;
- plus le contrat est récent ou performant, plus la proportion de gains dans le rachat est élevée.
Ce mécanisme explique pourquoi un retrait de 20 000 € peut ne générer que quelques centaines d'euros d'impôt. Les modalités pratiques d'un retrait (rachat partiel, total, avance) sont détaillées dans notre guide du rachat d'assurance vie.
Quelle fiscalité avant et après 8 ans ? PFU, taux de 7,5 % et barème 2026
Depuis 2018, la taxation de l'assurance vie dépend de deux critères : l'âge du contrat (plus ou moins de 8 ans) et la date de versement des primes. Pour les primes versées depuis le 27 septembre 2017(Service-Public.gouv.fr 1), le barème 2026 est le suivant :
| Ancienneté du contrat | Impôt sur le revenu | Prélèvements sociaux | Taxation globale |
|---|---|---|---|
| Avant 8 ans | 12,8 % (PFU) | 17,2 % | 30 % |
| Après 8 ans, primes ≤ 150 000 € | 7,5 % après abattement | 17,2 % | 24,7 % |
| Après 8 ans, fraction des primes > 150 000 € | 12,8 % | 17,2 % | 30 % |
Source des taux, seuils et abattement de ce tableau : Service-Public.fr, fiche F22414.
La fiscalité de l'assurance vie avant 8 ans n'est donc plus pénalisante comme autrefois : le PFU de 30 % (12,8 % d'impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux) s'applique, soit le même taux qu'un compte-titres, et aucun abattement n'est disponible. C'est après 8 ans que l'avantage devient réel, avec le taux réduit de 7,5 % (dans la limite de 150 000 € de primes nettes versées(Service-Public.gouv.fr 1), tous contrats confondus) et surtout l'abattement annuel. La part des gains correspondant aux primes qui excèdent ce seuil de 150 000 € reste, elle, imposée à 12,8 %.
Vous pouvez également opter pour l'imposition au barème progressif de l'impôt sur le revenu si votre taux marginal est inférieur au taux forfaitaire. Il s'agit d'une option globale, qui s'applique à l'ensemble de vos revenus de capitaux mobiliers de l'année. L'arbitrage dépend de votre tranche d'imposition et mérite d'être vérifié selon votre situation personnelle.
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Abattement 4 600 / 9 200 € : un exemple de calcul pas à pas
Après 8 ans de détention, la part de gains comprise dans un rachat bénéficie chaque année d'un abattement de 4 600 € pour une personne seule et de 9 200 €(Service-Public.gouv.fr 1) pour un couple soumis à imposition commune. Cet abattement s'apprécie sur l'ensemble des contrats détenus et ne concerne que l'impôt sur le revenu : les prélèvements sociaux de 17,2 %(Service-Public.gouv.fr 1) restent dus dès le premier euro de gain.
Exemple chiffré (barème en vigueur en 2026). Un couple détient un contrat de plus de 8 ans, alimenté par 100 000 € de versements et valorisé 130 000 €. Il effectue un rachat partiel de 20 000 €.
- Étape 1, part de gains du rachat : 20 000 € × (30 000 € / 130 000 €) = 4 615 € de gains imposables ; les 15 385 € restants sont du capital, non taxé.
- Étape 2, impôt sur le revenu : l'abattement de 9 200 € pour le couple est supérieur aux 4 615 € de gains, d'où 0 € d'impôt au taux de 7,5 %.
- Étape 3, prélèvements sociaux : 4 615 € × 17,2 % = 794 € (sous déduction des prélèvements déjà acquittés au fil de l'eau sur le fonds en euros).
Sur un retrait de 20 000 €, la taxation effective ressort ainsi à environ 4 %. En fractionnant les rachats sur plusieurs années civiles pour rester sous l'abattement, un épargnant peut limiter durablement l'impôt sur le revenu, le calendrier optimal dépendant toutefois de vos besoins de liquidité et de votre situation fiscale. Nos simulateurs patrimoniaux permettent d'estimer la fiscalité d'un rachat selon vos propres paramètres.
Prélèvements sociaux : les 17,2 % que l'on oublie souvent
Quelle que soit l'ancienneté du contrat, les gains supportent les prélèvements sociaux au taux de 17,2 %(Service-Public.gouv.fr 1) (CSG, CRDS et prélèvement de solidarité), qui s'ajoutent à l'impôt sur le revenu. Leur mode de perception varie selon les supports :
- fonds en euros : prélèvement au fil de l'eau, chaque année lors de l'inscription des intérêts en compte ;
- unités de compte : prélèvement uniquement lors d'un rachat ou au dénouement du contrat, sur les gains effectivement réalisés.
Lors d'un rachat, l'assureur régularise le calcul afin d'éviter une double taxation des intérêts du fonds en euros déjà prélevés. Ce point technique, géré automatiquement par la compagnie, explique certains écarts entre le montant théorique et le prélèvement réellement opéré selon la composition de votre contrat. Pour approfondir, consultez notre guide dédié aux prélèvements sociaux sur l'assurance vie.

Quelle fiscalité en cas de décès ? 152 500 € et 30 500 € d'abattement
La fiscalité successorale de l'assurance vie constitue son second grand atout : les capitaux transmis aux bénéficiaires échappent en grande partie aux droits de succession, selon l'âge auquel les primes ont été versées.
| Primes versées | Régime applicable (barème 2026) |
|---|---|
| Avant 70 ans (art. 990 I du CGI) | Abattement de 152 500 € par bénéficiaire (tous contrats confondus), puis prélèvement de 20 % jusqu'à 700 000 € de part taxable et de 31,25 % au-delà |
| Après 70 ans (art. 757 B du CGI) | Abattement global de 30 500 € sur les primes (tous bénéficiaires confondus), droits de succession au-delà selon le lien de parenté ; les gains (intérêts et plus-values) restent exonérés |
Sources du tableau : régime de l'article 990 I du CGI (152 500 €, 20 %, 31,25 %, 700 000 €) BOFiP BOI-TCAS-AUT-60 ; régime de l'article 757 B du CGI (abattement de 30 500 €) BOFiP BOI-ENR-DMTG-10-10-20-20.
Le conjoint survivant et le partenaire de PACS désignés bénéficiaires sont, dans tous les cas, totalement exonérés. Contrairement à une idée reçue, verser après 70 ans conserve un intérêt : seules les primes excédant 30 500 €(BOFiP-Impôts (DGFiP) 3) sont soumises aux droits, tandis que l'intégralité des plus-values est transmise en franchise. La rédaction de la clause bénéficiaire joue ici un rôle déterminant. Pour aller plus loin, consultez notre guide sur la fiscalité de l'assurance vie au décès et notre panorama de l'assurance vie en 2026.
Comment optimiser la fiscalité de son assurance vie en 2026 ?
En pratique, quelques réflexes, tous propres au contrat d'assurance vie, permettent de tirer le meilleur parti du cadre fiscal 2026 :
- prendre date tôt : c'est la date d'ouverture du contrat, et non celle des versements, qui déclenche le compteur des 8 ans ;
- fractionner les rachats par année civile pour utiliser chaque année l'abattement de 4 600 € ou 9 200 €(Service-Public.gouv.fr 1) ;
- arbitrer entre PFU et barème progressif selon votre taux marginal d'imposition ;
- anticiper le cap des 70 ans pour répartir les versements entre les régimes des articles 990 I(BOFiP-Impôts (DGFiP) 2) et 757 B(BOFiP-Impôts (DGFiP) 3) du CGI ;
- soigner la clause bénéficiaire afin de faire jouer l'abattement de 152 500 €(BOFiP-Impôts (DGFiP) 2) pour chaque bénéficiaire désigné.
Chacun de ces leviers produit des effets différents selon votre âge, votre tranche d'imposition et vos objectifs de transmission. Les stratégies qui sortent du cadre de l'assurance vie (démembrement, société civile, donation ou transmission d'un bien immobilier) relèvent, à titre d'information et hors de notre périmètre de courtier en assurance, d'un notaire ou d'un avocat fiscaliste. Sur le champ qui est le nôtre, Samuel, conseiller chez SADOVA PATRIMOINE (ORIAS 26006727), réalise une étude de votre contrat d'assurance vie, sans engagement et sans honoraires à votre charge.
Questions fréquentes
Pour les primes versées depuis le 27 septembre 2017, les gains compris dans un rachat effectué avant 8 ans sont soumis à l'impôt sur le revenu au prélèvement forfaitaire unique de 12,8 %(Service-Public.gouv.fr 1), auxquels s'ajoutent les prélèvements sociaux de 17,2 %, soit 30 % au total. L'option pour le barème progressif reste possible si votre taux marginal est inférieur. Aucun abattement ne s'applique avant 8 ans.
Seule la part de gains contenue dans le retrait est imposée, au prorata : gain imposable = montant du rachat × (gains totaux du contrat / valeur totale du contrat). Le reste du retrait correspond à du capital, non taxé. C'est l'assureur qui effectue ce calcul et communique le montant imposable.
Non. L'abattement annuel de 4 600 € (personne seule) ou 9 200 € (couple soumis à imposition commune)(Service-Public.gouv.fr 1) ne concerne que l'impôt sur le revenu, après 8 ans de détention. Les prélèvements sociaux de 17,2 % restent dus sur la totalité des gains rachetés, dès le premier euro.
Après 8 ans et une fois l'abattement annuel appliqué, les gains correspondant aux primes versées depuis le 27 septembre 2017 sont imposés à l'impôt sur le revenu au taux réduit de 7,5 %(Service-Public.gouv.fr 1), tant que le montant total des primes ne dépasse pas 150 000 € (tous contrats confondus). La fraction issue des primes au-delà de ce seuil est imposée à 12,8 %. S'y ajoutent, dans tous les cas, les prélèvements sociaux de 17,2 %.
Pour les primes versées avant 70 ans, chaque bénéficiaire profite d'un abattement de 152 500 €(BOFiP-Impôts (DGFiP) 2), puis d'un prélèvement de 20 % jusqu'à 700 000 € de part taxable et de 31,25 % au-delà (article 990 I du CGI). Pour les primes versées après 70 ans, seules les primes sont réintégrées dans la succession après un abattement global de 30 500 €(BOFiP-Impôts (DGFiP) 3), les gains restant exonérés (article 757 B du CGI). Le conjoint ou partenaire de PACS bénéficiaire est totalement exonéré.
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Tous les taux, abattements, plafonds et seuils cités proviennent des sources publiques suivantes, à jour en 2026 :
- Service-Public.fr, Comment sont imposés les revenus d'un contrat d'assurance-vie ? (fiche F22414) : PFU 12,8 %, taux de 7,5 %, seuil de 150 000 €, abattements 4 600/9 200 €, prélèvements sociaux 17,2 %.
- BOFiP, BOI-TCAS-AUT-60 : prélèvement de l'article 990 I du CGI (abattement de 152 500 € par bénéficiaire, 20 % puis 31,25 %), primes versées avant 70 ans.
- BOFiP, BOI-ENR-DMTG-10-10-20-20 : contrats d'assurance et article 757 B du CGI (abattement global de 30 500 €), primes versées après 70 ans.
- Service-Public.fr, Contrat d'assurance-vie : fonctionnement (fiche F15274) : disponibilité de l'épargne et rachats.