Guide assurance vie

Clause bénéficiaire de l'assurance vie

Guide complet · Mis à jour en octobre 2026

La clause bénéficiaire de l'assurance vie est la phrase du contrat par laquelle vous désignez la ou les personnes qui recevront le capital au décès de l'assuré. Bien la rédiger (clause standard ou sur-mesure, ordre et proportions des bénéficiaires, représentation) conditionne à la fois le respect de vos volontés et la fiscalité appliquée : chaque bénéficiaire désigné peut recevoir jusqu'à 152 500 € en exonération pour les primes versées avant 70 ans.

Chez SADOVA PATRIMOINE, courtier en assurance, nous constatons que la clause bénéficiaire est souvent laissée telle quelle, dans sa version par défaut, parfois pendant des décennies. Ce guide explique ce qu'est la clause bénéficiaire, comment la rédiger selon votre situation (conjoint, enfants mineurs, démembrement, représentation), comment la modifier, et quelle fiscalité s'applique au dénouement du contrat, en s'appuyant sur les textes et montants officiels en vigueur en 2026.

Cette page est une information générale et non personnalisée. Elle ne constitue ni un conseil juridique, ni un conseil fiscal individualisé. SADOVA PATRIMOINE est courtier en assurance : son accompagnement porte sur l'assurance vie, le PER assurantiel et les solutions d'épargne assurantielle. La rédaction d'actes, l'ingénierie successorale et le conseil fiscal relèvent d'un professionnel compétent (notaire, avocat fiscaliste, conseiller en investissements financiers), vers lequel nous vous orientons le cas échéant.

En un coup d'oeil

Ce que reçoit chaque bénéficiaire désigné en 2026

Abattement selon l'âge de l'assuré aux versements
Primes versées avant 70 ans
152 500 €
d'abattement par bénéficiaire (art. 990 I)
Primes versées après 70 ans
30 500 €
d'abattement global, tous bénéficiaires (art. 757 B)
Au-delà de l'abattement (primes avant 70 ans)
Part taxable jusqu'à 700 000 €
20 %
Part taxable au-delà de 700 000 €
31,25 %

Le conjoint marié et le partenaire de PACS désignés bénéficiaires sont totalement exonérés, quel que soit le montant.

Sources : BOFiP-Impôts (DGFiP), BOI-TCAS-AUT-60 (art. 990 I) et BOI-ENR-DMTG-10-10-20-20 (art. 757 B). Montants 2026, à titre indicatif.

Qu'est-ce que la clause bénéficiaire d'une assurance vie ?

La clause bénéficiaire est la stipulation par laquelle le capital ou la rente est attribué, au décès de l'assuré, à un ou plusieurs bénéficiaires déterminés(Légifrance 1). C'est elle qui fait de l'assurance vie un outil de transmission : le capital est versé directement aux personnes désignées, en dehors des règles civiles de la succession.

Vous pouvez désigner des bénéficiaires nommément, ou par leur qualité. Le code des assurances considère notamment comme suffisamment déterminés les « enfants nés ou à naître » du souscripteur ou de l'assuré, ainsi que les « héritiers »(Légifrance 1). En l'absence de bénéficiaire désigné, ou si tous les bénéficiaires ont disparu sans solution de repli, le capital réintègre la succession de l'assuré et perd le bénéfice du régime fiscal propre à l'assurance vie. Une clause absente ou caduque est donc l'un des premiers pièges à éviter.

Clause standard ou clause sur-mesure : laquelle choisir ?

La plupart des contrats proposent une clause type, souvent rédigée ainsi : « mon conjoint, à défaut mes enfants nés ou à naître, vivants ou représentés, à défaut mes héritiers ». Elle convient à beaucoup de situations familiales classiques et gère les évolutions grâce au mécanisme de représentation. Mais elle ne reflète pas les situations particulières : couple non marié, volonté de répartir le capital de façon inégale, transmission à un petit-enfant, à un tiers ou à une association.

La clause sur-mesure (ou clause libre) est rédigée selon vos volontés : identité précise des bénéficiaires, quotités (« par parts égales », « à hauteur de 40 % », etc.), bénéficiaires de second et troisième rang, voire démembrement. Elle demande plus de soin, mais c'est elle qui garantit que le capital ira exactement où vous le souhaitez.

CritèreClause standardClause sur-mesure
Mise en placeImmédiate, cochée à la souscriptionÀ rédiger, à faire valider par l'assureur
Situations couvertesFamilles classiques (conjoint, enfants)Concubin, quotités, tiers, démembrement
Souplesse des proportionsLimitéeTotale
Risque d'ambiguïtéFaible si la situation est simpleFaible si la rédaction est précise
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Comment rédiger la clause pour un enfant mineur ?

Un enfant mineur peut parfaitement être désigné bénéficiaire d'une assurance vie. Mais tant qu'il n'est pas majeur, il ne peut pas percevoir ni gérer lui-même le capital : les fonds sont administrés par ses représentants légaux dans le cadre de l'administration légale, et certains actes de disposition requièrent l'autorisation du juge des tutelles. À ses 18 ans, l'enfant dispose librement de la totalité des sommes, ce qui n'est pas toujours souhaité par le souscripteur.

Pour encadrer l'âge de remise des fonds ou leur gestion jusqu'à cette échéance, des mécanismes existent (clause prévoyant un tiers administrateur, libéralité assortie de charges, pacte adjoint à une donation). Ils produisent des effets civils et fiscaux importants et relèvent d'un professionnel compétent, en premier lieu le notaire : à titre d'information et hors de notre périmètre de courtier en assurance, c'est vers lui que nous vous orientons. Un point simple mérite toutefois attention : il est généralement déconseillé qu'un mineur « accepte » sa désignation, car l'acceptation rend la clause irrévocable et fige la situation.

Qu'est-ce qu'une clause bénéficiaire démembrée (usufruit / nue-propriété) ?

Le démembrement de la clause consiste à séparer l'usufruit et la nue-propriété du capital : l'usufruitier (souvent le conjoint survivant) reçoit les fonds et peut les utiliser, tandis que les nus-propriétaires (souvent les enfants) disposent d'une créance qu'ils récupèrent au décès de l'usufruitier. Fiscalement, l'abattement de 152 500 € par bénéficiaire pour les primes versées avant 70 ans se répartit alors entre usufruitier et nus-propriétaires en fonction de la valeur de chaque droit, appréciée selon l'âge de l'usufruitier(BOFiP-Impôts (DGFiP) 2).

Cette technique, à cheval sur le droit civil et la fiscalité, peut servir à protéger le conjoint tout en préservant les droits des enfants, mais ses effets (notamment la créance de restitution et le régime du quasi-usufruit) sont complexes. Elle constitue de l'ingénierie successorale : elle sort du périmètre d'un courtier en assurance et doit être conçue avec un professionnel compétent (notaire, avocat fiscaliste, conseiller en investissements financiers). SADOVA PATRIMOINE n'assure pas ce conseil et se limite à l'information générale ci-dessus.

Main signant une clause bénéficiaire
Bien rédigée, la clause bénéficiaire désigne qui recevra le capital de l'assurance vie et dans quelles proportions, au décès de l'assuré.

« Mes héritiers » ou nommer les bénéficiaires : quels pièges ?

Écrire simplement « mes héritiers » est une désignation valable(Légifrance 1), mais elle reste vague : le capital est alors réparti entre vos héritiers en principe selon leurs droits dans la succession, ce qui ne correspond pas toujours à votre intention et ne vous laisse pas fixer de proportions sur mesure. Nommer chaque bénéficiaire précisément (nom, prénoms, date et lieu de naissance, ou au minimum la qualité) réduit fortement le risque de litige au dénouement du contrat.

Deux réflexes limitent les mauvaises surprises. D'abord, préciser les quotités (« par parts égales entre eux », par exemple) pour éviter toute discussion sur la répartition. Ensuite, ajouter la mention « vivants ou représentés » : sans elle, si l'un de vos enfants décède avant vous, sa part ne revient pas automatiquement à ses propres enfants mais est répartie entre les autres bénéficiaires de même rang, ou retombe dans la succession. Le code des assurances permet d'ailleurs de désigner comme bénéficiaires « les héritiers ou ayants droit » d'un bénéficiaire prédécédé(Légifrance 1). Enfin, prévoir des bénéficiaires de second rang (« à défaut… ») évite une clause caduque si le premier bénéficiaire a disparu.

Comment modifier ou révoquer la clause bénéficiaire ?

Tant qu'aucun bénéficiaire n'a accepté sa désignation, vous pouvez modifier la clause librement, autant de fois que vous le souhaitez, et ce jusqu'à votre décès(Service-Public.gouv.fr 3). Le changement peut se faire par avenant au contrat, par simple courrier à l'assureur, ou par testament(Légifrance 1) (ce qui permet de garder la nouvelle désignation confidentielle jusqu'au décès).

Attention toutefois à l'acceptation : dès qu'un bénéficiaire accepte formellement sa désignation, celle-ci devient irrévocable(Légifrance 4). Vous ne pouvez plus alors la modifier, ni effectuer de rachat ou demander une avance, sans l'accord du bénéficiaire acceptant. Depuis la loi du 17 décembre 2007, l'acceptation prend la forme d'un avenant signé par l'assureur, le souscripteur et le bénéficiaire, ou d'un acte authentique ou sous seing privé signé du souscripteur et du bénéficiaire puis notifié à l'assureur(Légifrance 4). En pratique, pensez à relire votre clause après chaque événement de vie : mariage, PACS, naissance, divorce, décès d'un proche.

Quelle fiscalité pour le bénéficiaire d'une assurance vie ?

La fiscalité du capital versé au bénéficiaire dépend de l'âge de l'assuré au moment où les primes ont été versées, et non de la date d'ouverture du contrat. Deux régimes coexistent.

Pour les capitaux issus des primes versées avant 70 ans (article 990 I du code général des impôts), chaque bénéficiaire désigné profite d'un abattement de 152 500 €(BOFiP-Impôts (DGFiP) 2), tous contrats confondus. Au-delà, un prélèvement de 20 % s'applique jusqu'à 700 000 € de part taxable, puis de 31,25 %(BOFiP-Impôts (DGFiP) 2). Le conjoint marié et le partenaire de PACS désignés bénéficiaires sont, eux, totalement exonérés(BOFiP-Impôts (DGFiP) 2).

Primes versées avant 70 ans (art. 990 I du CGI)Taxation
Abattement par bénéficiaire152 500 € exonérés
Part taxable jusqu'à 700 000 €Prélèvement de 20 %
Part taxable au-delà de 700 000 €Prélèvement de 31,25 %

Abattement, taux et seuils de ce tableau : (BOFiP-Impôts (DGFiP) 2)

Pour les primes versées après 70 ans (article 757 B), seules les primes sont réintégrées dans la succession, après un abattement global de 30 500 € tous bénéficiaires confondus(BOFiP-Impôts (DGFiP) 5) ; les intérêts et plus-values produits par le contrat restent, eux, totalement exonérés(BOFiP-Impôts (DGFiP) 5).

C'est ici que la rédaction de la clause prend toute son importance : l'abattement de 152 500 € s'applique par bénéficiaire désigné. Désigner plusieurs bénéficiaires plutôt qu'un seul peut donc démultiplier l'abattement. Le détail des calculs figure dans notre guide de la fiscalité de l'assurance vie au décès.

Exemple chiffré (cas type fictif illustratif, barème en vigueur en 2026). Monsieur L., 62 ans, a versé toutes ses primes avant 70 ans. À son décès, le capital de son contrat atteint 420 000 €.

  • Clause « mon fils unique » : le fils reçoit 420 000 €. Après l'abattement de 152 500 €(BOFiP-Impôts (DGFiP) 2), la part taxable ressort à 267 500 €, soit un prélèvement de 20 % de 53 500 €.
  • Clause « mes deux enfants, par parts égales » : chacun reçoit 210 000 €. Après l'abattement de 152 500 € par bénéficiaire, la part taxable n'est plus que de 57 500 € par enfant, soit 11 500 € de prélèvement chacun, 23 000 € au total.
  • À capital identique, la seconde clause réduit sensiblement la taxation, sous réserve de primes non manifestement exagérées.

Questions fréquentes

C'est la stipulation du contrat par laquelle le souscripteur désigne la ou les personnes qui recevront le capital ou la rente au décès de l'assuré(Légifrance 1). Les bénéficiaires peuvent être nommés individuellement ou désignés par leur qualité (conjoint, enfants nés ou à naître, héritiers). Cette désignation permet de transmettre le capital en dehors des règles civiles de la succession.

Désigner « mes héritiers » attribue le capital aux personnes qui héritent de vous, réparti en principe selon leurs droits dans la succession. C'est une désignation valable mais vague : elle ne reflète pas toujours vos volontés et ne permet pas de fixer des proportions sur mesure. Nommer précisément chaque bénéficiaire (nom, date et lieu de naissance, qualité) lève les ambiguïtés.

Oui, vous pouvez modifier librement la clause jusqu'à votre décès, par avenant, par courrier à l'assureur ou par testament, tant qu'aucun bénéficiaire n'a accepté sa désignation(Service-Public.gouv.fr 3). Dès qu'un bénéficiaire accepte formellement, la désignation devient irrévocable(Légifrance 4) : vous ne pouvez plus la changer ni effectuer de rachat sans son accord.

Pour les capitaux issus des primes versées avant les 70 ans de l'assuré, chaque bénéficiaire désigné profite d'un abattement de 152 500 € (article 990 I du CGI), tous contrats confondus(BOFiP-Impôts (DGFiP) 2). Au-delà s'applique un prélèvement de 20 % jusqu'à 700 000 €, puis 31,25 %. Le conjoint marié et le partenaire de PACS sont totalement exonérés.

Un enfant mineur peut être bénéficiaire : le capital est alors géré par ses représentants légaux dans le cadre de l'administration légale jusqu'à sa majorité, certains actes nécessitant l'autorisation du juge. À 18 ans, il en dispose librement. Pour encadrer la remise des fonds (âge, gestion), des outils existent mais relèvent d'un professionnel compétent comme un notaire, vers qui nous vous orientons.

Tout dépend de la rédaction. Si la clause prévoit des bénéficiaires « vivants ou représentés », la part du bénéficiaire prédécédé revient à ses propres descendants(Légifrance 1). À défaut, cette part est répartie entre les autres bénéficiaires de même rang, ou, s'il n'y en a pas, intégrée à la succession de l'assuré. Prévoir des bénéficiaires de second rang évite une clause caduque.

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Références

Tous les textes, taux, abattements et seuils cités proviennent des sources publiques suivantes, à jour en 2026 :

  1. Légifrance, article L132-8 du code des assurances (désignation du bénéficiaire, bénéficiaires présumés, avenant ou testament)
  2. BOFiP, BOI-TCAS-AUT-60 (prélèvement de l'art. 990 I du CGI, primes versées avant 70 ans)
  3. Service-Public.fr, Peut-on modifier la clause bénéficiaire d'un contrat d'assurance-vie ? (fiche F2386)
  4. Légifrance, article L132-9 du code des assurances (acceptation du bénéficiaire et irrévocabilité)
  5. BOFiP, BOI-ENR-DMTG-10-10-20-20 (contrats d'assurance, art. 757 B du CGI, primes versées après 70 ans)
  6. Service-Public.fr, Contrat d'assurance-vie : fonctionnement (fiche F15274)

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