Le PER (plan d'épargne retraite) est particulièrement pertinent pour un fonctionnaire parce que sa pension est calculée sur son seul traitement indiciaire, hors primes et indemnités. Plus le régime indemnitaire pèse dans la rémunération, plus la baisse de revenus au moment du départ peut être marquée. Le PER permet de reconstituer ce complément en épargnant pendant la vie active, avec une déduction fiscale à l'entrée. Ce guide passe en revue les solutions ouvertes aux agents publics (RAFP, Préfon-Retraite, PER individuel), le plafond de déduction applicable en 2026 et les critères pour trancher entre Préfon et PER individuel, chiffres officiels à l'appui.
Bon à savoir : le PER existe sous deux formes. Le PER assurantiel et la Préfon-Retraite (devenue un PER depuis la loi PACTE) sont des contrats d'assurance, au cœur de notre métier de courtier, tout comme l'assurance vie. Le RAFP est un régime public obligatoire que nous présentons ici à titre d'information. Le PER « compte-titres » (bancaire), ainsi que toute question d'ingénierie fiscale, de donation ou de démembrement, relèvent d'un autre professionnel : nous vous orientons alors vers le conseiller compétent (conseiller en investissements financiers, expert-comptable ou notaire).
Le PER d'un agent public en 2026
Exemple : pour 5 000 € versés dans la tranche à 30 %, l'économie d'impôt atteint 1 500 €, soit un effort d'épargne réel de 3 500 €.
Sources : Service-Public.fr (F34982, F14709), actualité A18841. Montants 2026, à titre indicatif.
Pourquoi un PER est-il pertinent pour un fonctionnaire ?
La pension d'un agent public est calculée sur son seul traitement indiciaire, hors régime indemnitaire. Or les primes et indemnités représentent, pour certains profils, une part significative de la rémunération. Elles n'entrent pas, ou très peu, dans le calcul de la pension : le taux de remplacement réel (le rapport entre la première pension et le dernier revenu d'activité) en est d'autant plus réduit.
Les profils les plus concernés sont souvent ceux dont le régime indemnitaire est élevé : cadres A et A+, filières administrative et technique, personnels hospitaliers percevant des indemnités importantes. Pour eux, l'écart entre le dernier revenu et la pension peut être nettement plus marqué que dans le secteur privé.
Le PER répond précisément à ce besoin : il permet de se constituer un complément de retraite personnel, investi pendant la vie active et récupéré au moment du départ, avec un avantage fiscal immédiat sur les versements. Ce n'est pas pour autant une solution universelle : son intérêt dépend de votre tranche d'imposition et de votre horizon, ce qui mérite d'être vérifié selon votre situation. Pour en comprendre le mécanisme de base, voyez notre guide comment fonctionne un PER.
Quelles solutions d'épargne retraite dans la fonction publique ?
Trois dispositifs d'épargne retraite coexistent pour les agents publics : le RAFP, obligatoire ; la Préfon-Retraite, facultative et historiquement réservée aux agents publics ; et le PER individuel, ouvert à tous.
- Le RAFP (retraite additionnelle de la fonction publique) est un régime obligatoire par points, assis sur une fraction plafonnée des primes. Un agent fortement « primé » ne cotise donc que sur une partie de son régime indemnitaire : la compensation qu'il apporte reste partielle.
- La Préfon-Retraite est un régime facultatif d'épargne retraite par capitalisation réservé aux agents du service public (fonctionnaires, contractuels, anciens agents, conjoints). Depuis la loi PACTE, ses nouveaux contrats relèvent du PER (« PER Préfon ») et ses cotisations sont déductibles du revenu imposable, dans le même plafond que le PER (article 163 quatervicies du code général des impôts)(Service-Public.gouv.fr 1).
- Le PER individuel (PERIN) est accessible sans condition de statut ni d'activité professionnelle. Il est alimenté par vos versements volontaires et fonctionne en capital : les sommes sont investies sur un fonds en euros et des unités de compte, puis récupérées en capital, en rente ou en combinaison des deux(Service-Public.gouv.fr 2).
Pour mémoire, il existe aussi deux PER d'entreprise : le PER collectif (PERECO), facultatif, qui a remplacé le PERCO depuis le 1er octobre 2020(Service-Public.gouv.fr 3), et le PER obligatoire (PERO), à adhésion obligatoire, qui a succédé aux contrats « article 83 » à la même date(Service-Public.gouv.fr 4). Ils concernent surtout les salariés du privé et les contractuels de certains établissements. Pour un agent titulaire, l'arbitrage porte le plus souvent entre la Préfon et le PER individuel pour son épargne volontaire : ces enveloppes sont cumulables entre elles et avec le RAFP.
Sources : Service-Public.fr, Plan d'épargne retraite (F34982 et PER d'entreprise) ; Cotisations d'épargne retraite (F14709).
Préfon ou PER individuel : que choisir ?
Entre Préfon et PER individuel, il n'existe pas de réponse unique : la Préfon propose un cadre mutualisé orienté vers la rente, tandis que le PER individuel offre généralement davantage de souplesse sur les supports d'investissement, les frais et les modalités de sortie. Les deux relèvent aujourd'hui du PER et donnent droit à la même déduction fiscale, dans le même plafond épargne retraite(Service-Public.gouv.fr 1).
| Critère | Préfon-Retraite | PER individuel |
|---|---|---|
| Accès | Agents publics, anciens agents et conjoints | Ouvert à tous(Service-Public.gouv.fr 2) |
| Nature | Régime d'épargne par capitalisation, relevant du PER depuis la loi PACTE | Plan individuel relevant du PER |
| Gestion financière | Mutualisée, pilotée par le régime | Libre choix des supports ou gestion pilotée |
| Frais | Variables selon les contrats et les notices en vigueur ; à titre indicatif, souvent plus élevés sur les régimes anciens, quand plusieurs PER individuels récents ne facturent aucun frais d'entrée. À comparer avant de s'engager. | |
| Sortie | Rente viagère privilégiée, capital possible | Capital, rente ou combinaison des deux(Service-Public.gouv.fr 2) |
| Déduction fiscale | Identique, même plafond épargne retraite (art. 163 quatervicies du CGI)(Service-Public.gouv.fr 1) | Identique, même plafond épargne retraite(Service-Public.gouv.fr 1) |
| Transfert | Possible vers un autre PER | Possible vers un autre PER |
Les frais, rendements et taux de conversion en rente varient d'un contrat à l'autre et ne peuvent être présentés comme garantis ; ils ne figurent donc pas chiffrés dans ce tableau.
Le bon arbitrage dépend de votre appétence au risque, de votre horizon et de votre préférence entre capital et rente. Un courtier peut mettre les contrats en concurrence pour comparer les frais et la gestion, point qui mérite d'être vérifié selon votre situation. Pour choisir votre enveloppe, voyez aussi notre guide ouvrir un PER.
Quel plafond de déduction du PER en 2026 ?
Un fonctionnaire bénéficie exactement de la même déduction qu'un salarié du privé. Pour les versements effectués en 2026, le plafond est égal à 10 % de vos revenus d'activité de 2025 (nets de frais professionnels, primes incluses), retenus dans la limite de 8 fois le plafond annuel de la Sécurité sociale, soit un maximum de 37 680 €(Service-Public.gouv.fr 2). Si 10 % de vos revenus est inférieur, un plancher s'applique : 4 710 €(Service-Public.gouv.fr 1), soit 10 % du plafond de la Sécurité sociale de 2025.
Ces montants reposent sur le plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS). Le PASS 2025, qui sert de base aux versements de 2026, est de 47 100 €(Service-Public.gouv.fr 1) (8 × 47 100 × 10 % = 37 680 €). Pour référence, le PASS a été porté à 48 060 € par an (soit 4 005 € par mois) pour 2026(Légifrance 5) : c'est cette valeur qui servira de base aux versements de 2027.
Point important pour un agent public : l'assiette de ce plafond inclut les primes. Un fonctionnaire percevant 45 000 € de traitement et 12 000 € de régime indemnitaire calcule ses 10 % sur l'ensemble, soit 5 700 € de plafond, alors même que ces primes comptent peu pour sa pension. C'est l'un des atouts du PER pour les agents fortement primés.
- Les plafonds non utilisés sont désormais reportables sur 5 ans (au lieu de 3) pour les sommes versées à partir de 2026 ; les plafonds non utilisés des années 2024 et 2025 restent, eux, reportables 3 ans seulement(Service-Public.gouv.fr 6).
- Les prélèvements sociaux passent de 17,2 % à 18,6 %, portant le prélèvement forfaitaire unique sur les gains à 31,4 % à la sortie(Service-Public.gouv.fr 6).
- À partir de 70 ans, les versements réalisés ne sont plus déductibles du revenu imposable(Service-Public.gouv.fr 6).
Deux leviers supplémentaires existent. Les plafonds non utilisés étant reportables, un agent peut « rattraper » une capacité de déduction laissée de côté. Et les couples mariés ou pacsés soumis à imposition commune peuvent, sur demande expresse, mutualiser leurs plafonds : la fraction non utilisée par l'un bénéficie à l'autre (case 6QR de la déclaration)(BOFiP-Impôts (DGFiP) 7). L'économie d'impôt dépend ensuite de votre tranche marginale : notre guide PER et TMI à 30 % détaille ce mécanisme, et PER et impôts fait le tour de la fiscalité.
Sources : Service-Public.fr, Plan d'épargne retraite (F34982) et Cotisations d'épargne retraite (F14709) ; actualité PER : nouvelles règles fiscales 2026 ; BOFiP, BOI-IR-BASE-20-50-20 (mutualisation) ; Légifrance, arrêté du 22 décembre 2025 (PASS 2026).

Comment récupérer son PER : capital, rente, fiscalité ?
Au moment de la retraite (âge légal de départ ou liquidation des droits), l'épargne d'un PER individuel est délivrée au choix du titulaire : en capital (en une ou plusieurs fois), en rente viagère, ou en combinaison des deux(Service-Public.gouv.fr 2). La fiscalité dépend de ce choix et de la façon dont les versements ont été traités à l'entrée.
La sortie en capital
Si vos versements ont été déduits à l'entrée, la part de capital qui leur correspond est ajoutée à vos revenus imposables de l'année de sortie, dans la catégorie des pensions de retraite (imposition au barème de l'impôt sur le revenu) ; la part correspondant aux gains subit le prélèvement forfaitaire unique(Service-Public.gouv.fr 2), porté à 31,4 % à partir de 2026 (12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux)(Service-Public.gouv.fr 6). Si vous aviez renoncé à la déduction, la part de capital issue de ces versements est au contraire exonérée d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux ; seuls les gains sont taxés(Service-Public.gouv.fr 2).
La sortie en rente viagère
La rente issue de versements déduits est imposée selon le régime des pensions de retraite (barème de l'impôt sur le revenu après abattement de 10 %), avec prélèvements sociaux sur une fraction de la rente déterminée par l'âge(Service-Public.gouv.fr 2). La rente issue de versements non déduits relève, elle, des rentes viagères à titre onéreux : seule une fraction est imposable, fixée selon l'âge au premier versement de la rente, soit 70 % avant 50 ans, 50 % de 50 à 59 ans, 40 % de 60 à 69 ans et 30 % à partir de 70 ans(Service-Public.gouv.fr 2).
À noter : l'intérêt du PER tient largement à l'écart entre votre tranche d'imposition au moment des versements et à la retraite. La déduction obtenue à l'entrée ne supprime pas l'impôt, elle le décale. Comme pour l'assurance vie, dont la fiscalité des rachats s'allège après 8 ans (abattement annuel de 4 600 € pour une personne seule ou 9 200 € pour un couple)(Service-Public.gouv.fr 8), le bon choix dépend de votre situation. Notre comparatif assurance vie ou PER détaille cet arbitrage.
Sources : Service-Public.fr, Plan d'épargne retraite (F34982) et imposition des revenus d'un contrat d'assurance-vie (F22414) ; actualité A18841.
Peut-on débloquer son PER avant la retraite ?
En principe, l'épargne d'un PER est bloquée jusqu'à la retraite. La loi prévoit toutefois des cas de déblocage anticipé limitativement énumérés(Service-Public.gouv.fr 2) :
- le décès de l'époux, de l'épouse ou du partenaire de PACS ;
- l'invalidité (2e ou 3e catégorie) du titulaire, de ses enfants, de son conjoint ou partenaire de PACS ;
- une affection grave, un handicap ou un accident d'une particulière gravité chez l'enfant à charge ;
- le surendettement ;
- l'expiration des droits à l'assurance chômage ;
- la cessation d'une activité non salariée à la suite d'une liquidation judiciaire.
Ces déblocages pour « accident de la vie » sont exonérés d'impôt sur le revenu (les gains restant soumis aux prélèvements sociaux). Un septième cas, l'achat de la résidence principale, permet aussi de mobiliser l'épargne, avec deux réserves : les sommes issues de versements obligatoires restent bloquées, et ce déblocage, contrairement aux accidents de la vie, reste fiscalisé (versements déduits imposés au barème, gains au prélèvement forfaitaire)(Service-Public.gouv.fr 2). Pour le détail de ces situations, voyez notre guide dédié au fonctionnement du PER.
Un exemple chiffré (règles au 1er janvier 2026)
Prenons le cas d'une attachée principale territoriale : revenu professionnel net imposable de 55 000 € en 2025, dont environ 13 000 € de régime indemnitaire, imposée dans la tranche marginale à 30 %.
- Plafond disponible : 10 % de 55 000 € = 5 500 €, montant supérieur au plancher de 4 710 €(Service-Public.gouv.fr 1). Son plafond épargne retraite 2026 est donc de 5 500 €, hors reports des années précédentes.
- Versement : elle verse 5 000 € sur un PER individuel en 2026, intégralement déductibles de son revenu imposable.
- Économie d'impôt : 5 000 € × 30 % = 1 500 € d'impôt en moins l'année du versement.
- Effort d'épargne réel : 5 000 € investis pour un décaissement net de 3 500 €.
- À la sortie : le capital issu des versements déduits sera imposé au barème (comme une pension), et les gains au prélèvement forfaitaire de 31,4 % (règles 2026)(Service-Public.gouv.fr 6). Si sa tranche d'imposition baisse à la retraite, l'opération peut rester favorable ; ce point doit être vérifié au cas par cas.
Cet exemple est illustratif et ne constitue pas un conseil personnalisé. Pour chiffrer votre propre situation (plafonds réellement disponibles, arbitrage Préfon ou PER, stratégie de sortie), vous pouvez échanger avec un conseiller SADOVA PATRIMOINE : cabinet indépendant, sans honoraires à votre charge.
FAQ : les questions qui reviennent le plus souvent
Références
Les chiffres, taux, plafonds et règles cités dans ce guide proviennent des sources publiques suivantes, consultées en 2026 :
- Service-Public.fr, Cotisations d'épargne retraite : déduction (plancher de 4 710 €, PASS 2025 de 47 100 €, déductibilité de la Préfon au titre de l'article 163 quatervicies du CGI).
- Service-Public.fr, Plan d'épargne retraite (PER) (PER individuel, plafond de déduction, sortie en capital et en rente, cas de déblocage anticipé, transfert).
- Service-Public.fr, PER d'entreprise collectif et PER d'entreprise obligatoire (remplacement du PERCO et de l'« article 83 » depuis le 1er octobre 2020).
- Service-Public.gouv.fr — service-public.gouv.fr/…/2
- Légifrance, arrêté du 22 décembre 2025 (plafond annuel de la Sécurité sociale 2026 fixé à 48 060 €).
- Service-Public.fr, PER : nouvelles règles fiscales 2026 (report des plafonds porté à 5 ans, prélèvements sociaux à 18,6 %, fin de la déductibilité à partir de 70 ans).
- BOFiP, BOI-IR-BASE-20-50-20 (mutualisation du plafond entre conjoints ou partenaires de PACS, case 6QR).
- Service-Public.fr, Imposition des revenus d'un contrat d'assurance-vie (abattement de 4 600 / 9 200 € après 8 ans).
Information à but pédagogique, à jour en octobre 2026. Elle ne constitue pas un conseil fiscal ou juridique personnalisé. SADOVA PATRIMOINE intervient en qualité de courtier en assurance ; le RAFP est un régime public présenté à titre d'information, et pour l'ingénierie fiscale, la donation, le démembrement ou un PER « compte-titres », rapprochez-vous du professionnel compétent (conseiller fiscal, expert-comptable, notaire ou conseiller en investissements financiers).
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