Le PER et la réduction d'impôt vont de pair : chaque versement volontaire sur un plan d'épargne retraite se déduit de votre revenu imposable de l'année, dans la limite d'un plafond. L'économie obtenue dépend de votre tranche marginale d'imposition (TMI) : plus elle est élevée, plus l'avantage est fort. Il s'agit d'une déduction, et non d'une réduction d'impôt : elle échappe au plafonnement global des niches fiscales et n'est pas un cadeau définitif, puisque les sommes déduites seront imposées à la sortie. Voici, chiffres officiels à l'appui, comment ce mécanisme fonctionne en 2026 et comment bien le déclarer.
Bon à savoir : le PER existe sous deux formes. Le PER assurantiel est un contrat d'assurance, au cœur de notre métier de courtier. Le PER « compte-titres » (bancaire) relève, lui, des services d'investissement : pour cette version, comme pour le calcul précis de votre disponible fiscal, l'articulation avec une donation ou le démembrement, nous vous orientons vers le professionnel compétent (conseiller en investissements financiers, expert-comptable ou notaire).
PER et réduction d'impôt en 2026
Calcul illustratif pour un versement de 1 000 € déduit : l'économie est égale au versement multiplié par votre tranche marginale d'imposition. Une déduction, pas une réduction, qui échappe au plafonnement global des niches fiscales.
Sources : Service-Public.fr (F1419, F34982, F14709), actualité A18841. Montants 2026, à titre indicatif.
Comment le PER réduit-il votre impôt sur le revenu ?
Le principe est simple : pour réduire votre impôt, il suffit de verser. Chaque versement volontaire est déductible de votre revenu imposable de l'année, dans la limite de votre plafond épargne retraite. Comme il s'agit d'une déduction appliquée à l'assiette imposable, et non d'une réduction d'impôt venue en aval, l'avantage échappe au plafonnement global des niches fiscales et croît avec votre TMI.
Concrètement, l'économie d'impôt est égale au montant versé multiplié par votre tranche marginale. Le barème de l'impôt sur le revenu comporte des taux de 11 %, 30 %, 41 % et 45 %(Service-Public.gouv.fr 1) selon la tranche. Voici ce que rapporte, à titre d'illustration, un versement de 1 000 € déduit.
| Votre TMI | Économie d'impôt pour 1 000 € versés | Effort d'épargne réel |
|---|---|---|
| 11 % | 110 € | 890 € |
| 30 % | 300 € | 700 € |
| 41 % | 410 € | 590 € |
| 45 % | 450 € | 550 € |
Calculs illustratifs établis à partir du barème progressif de l'impôt sur le revenu(Service-Public.gouv.fr 1). L'économie réelle suppose de rester dans votre plafond de déduction et peut varier si le versement vous fait changer de tranche.
Cet avantage est un report d'imposition : la déduction obtenue à l'entrée décale l'impôt à la retraite, elle ne l'efface pas. L'opération est d'autant plus gagnante que votre tranche d'imposition est plus basse à la retraite qu'au moment des versements. Pour le fonctionnement complet du plan (versements, supports, modes de sortie), consultez notre service PER et bilan retraite ; et pour le choix entre les deux grandes enveloppes, notre guide assurance vie ou PER.
Quel est le plafond de déduction du PER en 2026 ?
Pour un salarié, le plafond de déduction des versements effectués en 2026 est égal à 10 % de vos revenus d'activité nets de frais professionnels de 2025, retenus dans la limite de 8 fois le plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS) de 2025, soit un maximum de 37 680 €(Service-Public.gouv.fr 2). Si 10 % de vos revenus est inférieur, ou en l'absence de revenu professionnel, un plancher s'applique : 4 710 €(Service-Public.gouv.fr 3), soit 10 % du PASS 2025.
Ces deux montants dérivent du PASS de l'année N-1. Le PASS 2025 est fixé à 47 100 €(Service-Public.gouv.fr 3) : 8 × 47 100 × 10 % = 37 680 € pour le plafond maximal, et 10 % × 47 100 = 4 710 € pour le plancher. À titre de repère, le PASS 2026 a, lui, été porté à 48 060 € par an (4 005 € par mois)(Légifrance 4) par l'arrêté du 22 décembre 2025 ; c'est ce PASS 2026 qui servira au calcul des plafonds des versements 2027.
| Plafond de déduction 2026 (salarié) | Montant |
|---|---|
| Maximum (8 × PASS 2025 × 10 %) | 37 680 € |
| Plancher (10 % × PASS 2025) | 4 710 € |
| Versements à partir de 70 ans | Non déductibles |
Montants calculés sur le PASS 2025 de 47 100 €(Service-Public.gouv.fr 3). Nouveauté 2026 : les versements effectués à partir de 70 ans ne sont plus déductibles(Service-Public.gouv.fr 5).
Depuis 2026, en effet, un changement important est entré en vigueur : les versements réalisés à partir de l'âge de 70 ans ne sont plus déductibles du revenu imposable(Service-Public.gouv.fr 5). Ce point mérite d'être intégré dans le calendrier de vos versements.
Les travailleurs non salariés (BIC, BNC, BA, gérants relevant de l'article 62) disposent, eux, d'un plafond spécifique plus élevé : 10 % du bénéfice imposable retenu dans la limite de 8 PASS, majoré de 15 % de la fraction du bénéfice comprise entre 1 et 8 PASS(Service-Public.gouv.fr 3) (disponible fiscal de l'article 154 bis du code général des impôts). Le montant exact de ce disponible dépend de votre bénéfice : son calcul relève de votre expert-comptable, que nous vous invitons à consulter.
Peut-on reporter ou mutualiser son plafond PER ?
Oui, et c'est souvent l'occasion de rattraper des années peu épargnées. Un plafond non utilisé une année n'est pas perdu : il reste reportable sur les années suivantes. Et une nouveauté 2026 élargit ce report.
La loi de finances pour 2026 a en effet étendu le report des plafonds non utilisés de 3 à 5 ans(Service-Public.gouv.fr 5) pour les plafonds générés à compter de 2026. Un régime transitoire s'applique toutefois : les plafonds non utilisés des années 2024 et 2025 restent reportables 3 ans seulement(Service-Public.gouv.fr 5) (le plafond 2024 est ainsi utilisable jusqu'en 2027, le plafond 2025 jusqu'en 2028).
Autre levier pour les couples : les conjoints mariés ou les partenaires de PACS soumis à imposition commune peuvent, sur demande expresse, mutualiser leurs plafonds de déduction(BOFiP-Impôts (DGFiP) 6). Le plafond ou la fraction non utilisée de l'un peut alors bénéficier à l'autre ; cette option se coche en case 6QR de la déclaration. Votre plafond disponible figure, année après année, sur votre dernier avis d'imposition.
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PER et déduction fiscale : faut-il toujours déduire ses versements ?
Non : la déduction est une option, pas une obligation, et y renoncer peut être pertinent si vous êtes peu ou pas imposé. Dans ce cas, la contrepartie intervient à la sortie : la part de capital correspondant aux versements non déduits est exonérée d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux(Service-Public.gouv.fr 2), et seuls les gains sont taxés.
La règle de bon sens : plus votre TMI est élevée aujourd'hui, et plus elle a de chances de baisser à la retraite, plus la déduction est avantageuse. À partir d'une TMI de 30 %, elle devient nettement favorable, comme le détaille notre analyse du PER à TMI 30 %. À 0 % ou 11 %, l'option de non-déduction mérite en revanche d'être étudiée. L'estimation précise de cet arbitrage dépend de votre situation complète : faites-la valider avec votre conseiller fiscal ou votre expert-comptable.

Quel impôt sur le PER à la sortie ?
L'impôt à la sortie dépend de deux paramètres : la déduction ou non de vos versements à l'entrée, et le mode de sortie choisi. Au dénouement, l'épargne d'un PER individuel est en effet délivrée au choix : en capital (en une ou plusieurs fois), en rente viagère, ou en combinaison des deux(Service-Public.gouv.fr 2). Pendant toute la phase d'épargne, en revanche, aucune imposition ne s'applique : les gains capitalisent sans frottement fiscal tant que vous ne retirez rien.
La sortie en capital
En cas de sortie en capital, la fiscalité distingue deux parts. La part correspondant aux versements qui ont été déduits s'ajoute à vos revenus imposables de l'année de sortie, dans la catégorie des pensions de retraite (barème progressif de l'impôt sur le revenu)(Service-Public.gouv.fr 2). Si vous aviez renoncé à la déduction, cette même part est exonérée d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux(Service-Public.gouv.fr 2).
La part correspondant aux gains relève, elle, du prélèvement forfaitaire unique (PFU), quel que soit le sort des versements à l'entrée. À partir de 2026, le PFU est porté à 31,4 %(Service-Public.gouv.fr 2) : 12,8 % au titre de l'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux, ces derniers passant de 17,2 % à 18,6 %(Service-Public.gouv.fr 5). À titre de comparaison, l'assurance vie conserve des prélèvements sociaux à 17,2 %(Service-Public.gouv.fr 7) sur ses gains : un paramètre à intégrer dans l'arbitrage, détaillé dans notre guide assurance vie ou PER.
La sortie en rente viagère
Autre option : convertir le capital en revenu à vie. Si la rente est issue de versements déduits, elle est imposée selon le régime des pensions de retraite : barème progressif après abattement de 10 % (régime des rentes viagères à titre gratuit, dites RVTG), plus prélèvements sociaux sur une fraction déterminée par votre âge au premier versement(Service-Public.gouv.fr 2).
Si la rente est issue de versements non déduits, elle relève des rentes viagères à titre onéreux (RVTO) : seule une fraction est imposable, fixée selon votre âge au premier versement de la rente, soit 70 % avant 50 ans, 50 % de 50 à 59 ans, 40 % de 60 à 69 ans et 30 % à partir de 70 ans(Service-Public.gouv.fr 2) ; les prélèvements sociaux portent sur la même fraction. La rente sécurise un revenu régulier, mais son taux de conversion est, à titre indicatif, variable selon les contrats et l'âge.
Les cas de déblocage anticipé
Avant la retraite, l'épargne n'est accessible que dans des situations limitativement prévues par la loi. Six cas d'accidents de la vie ouvrent droit à un déblocage : décès de l'époux ou du partenaire de PACS ; invalidité du titulaire, de ses enfants, de son conjoint ou partenaire de PACS ; affection grave, handicap ou accident d'une particulière gravité chez l'enfant à charge ; surendettement ; expiration des droits à l'assurance chômage ; cessation d'activité non salariée après liquidation judiciaire(Service-Public.gouv.fr 2). Ces déblocages sont exonérés d'impôt sur le revenu, seuls les gains restant soumis aux prélèvements sociaux.
Un septième cas existe : l'achat de la résidence principale. Il reste toutefois fiscalisé (versements déduits imposés au barème des pensions, gains au PFU) et, important, il ne mobilise pas le compartiment des versements obligatoires, qui restent bloqués(Service-Public.gouv.fr 2).
Sources : Service-Public.fr, Plan d'épargne retraite (F34982) et actualité fiscale 2026 (A18841).
Comment déclarer ses versements PER aux impôts ?
Pour déclarer vos versements, reportez le total de vos versements volontaires de l'année en case 6NS de la déclaration 2042 (6NT pour le déclarant 2, 6NU pour les personnes à charge), rubrique « Charges déductibles, Épargne retraite »(Service-Public.gouv.fr 3). Les cases 6RS, 6RT et 6RU concernent, elles, les cotisations versées sur les anciens produits comme le PERP, la Préfon ou le COREM, dont la déductibilité relève du même plafond (article 163 quatervicies du CGI)(Service-Public.gouv.fr 3).
Le montant est le plus souvent pré-rempli à partir des informations transmises par votre assureur : vérifiez-le avec votre attestation de versement. Pour mutualiser le plafond au sein d'un couple marié ou pacsé, cochez la case 6QR(BOFiP-Impôts (DGFiP) 6). Votre plafond disponible, et les reports des années précédentes, figurent sur votre dernier avis d'imposition.
Quels PER selon votre situation ?
Trois grandes familles de plans coexistent, toutes issues de la loi PACTE. Le tableau ci-dessous les resitue ; le détail du choix entre version individuelle et collective fait l'objet de notre guide PER individuel ou collectif.
| Type de PER | Caractéristique | Produit remplacé |
|---|---|---|
| PER individuel (PERIN) | Souscription individuelle, ouvert à tous(Service-Public.gouv.fr 8) | PERP, contrats Madelin |
| PER collectif (PERECO) | Facultatif, ouvert à tous les salariés(Service-Public.gouv.fr 9) | PERCO (depuis le 01/10/2020) |
| PER obligatoire (PERO) | Adhésion obligatoire pour les salariés visés(Service-Public.gouv.fr 10) | Article 83 (depuis le 01/10/2020) |
Source : Service-Public.fr, Plan d'épargne retraite (PER), onglets PER individuel, collectif et obligatoire(Service-Public.gouv.fr 8). Les agents publics disposent par ailleurs d'un PER Préfon, dont les cotisations sont déductibles dans le même plafond (article 163 quatervicies du CGI)(Service-Public.gouv.fr 3).
Exemple chiffré (règles 2026)
Prenons une salariée de 45 ans, imposée à une TMI de 30 %, qui verse 5 000 € par an sur son PER individuel jusqu'à ses 65 ans. Les montants de rendement et de capital ci-dessous sont une hypothèse purement illustrative et non garantie.
- Étape 1, à l'entrée : chaque versement de 5 000 € déduit fait économiser 1 500 € d'impôt par an (5 000 € × 30 %), sous réserve d'un plafond de déduction suffisant.
- Étape 2, sur 20 ans : 100 000 € versés, soit environ 30 000 € d'impôt économisés au total.
- Étape 3, pendant la phase d'épargne : aucune imposition. Hypothèse illustrative : un capital de 150 000 € à 65 ans, dont 50 000 € de gains.
- Étape 4, à la sortie en capital : les 100 000 € de versements déduits sont imposés au barème des pensions ; avec une TMI retombée à 11 % et des retraits fractionnés, de l'ordre de 11 000 € d'impôt. Les 50 000 € de gains supportent le PFU de 31,4 %(Service-Public.gouv.fr 2), soit 15 700 €.
- Étape 5, bilan : environ 26 700 € d'impôt à la sortie, contre 30 000 € économisés à l'entrée, auxquels s'ajoutent vingt ans de capitalisation sur un impôt différé. Le gain provient d'abord de l'écart de TMI entre vie active et retraite.
Chaque situation est différente : montant à verser, option de déduction et mode de sortie méritent d'être calibrés selon votre TMI actuelle et future. C'est précisément l'objet d'un bilan retraite.
FAQ : les questions qui reviennent le plus souvent
Références
Les chiffres, taux, plafonds, articles et règles cités dans ce guide proviennent des sources publiques suivantes, consultées en 2026 :
- Service-Public.fr, Barème de l'impôt sur le revenu (taux de 11 %, 30 %, 41 % et 45 %).
- Service-Public.fr, Plan d'épargne retraite (PER) (plafond de déduction, modes de sortie, fiscalité du capital et de la rente, cas de déblocage anticipé).
- Service-Public.fr, Cotisations d'épargne retraite (déduction) (PASS 2025 de 47 100 €, plafonds de 37 680 € et 4 710 €, disponible fiscal des indépendants, cases de déclaration).
- Légifrance, Arrêté du 22 décembre 2025 (plafond annuel de la Sécurité sociale 2026 : 48 060 € par an, 4 005 € par mois).
- Service-Public.fr, PER : nouvelles règles fiscales 2026 (report étendu à 5 ans, prélèvements sociaux portés à 18,6 %, fin de la déductibilité à partir de 70 ans).
- BOFiP, BOI-IR-BASE-20-50-20 (mutualisation du plafond entre conjoints ou partenaires de PACS, case 6QR).
- Service-Public.fr, Imposition des revenus d'un contrat d'assurance-vie (prélèvements sociaux de 17,2 % sur les gains, point de comparaison).
- Service-Public.fr, PER individuel, collectif et obligatoire (PERIN, PERECO, PERO et produits remplacés).
- Service-Public.gouv.fr — service-public.gouv.fr/…/1
- Service-Public.gouv.fr — service-public.gouv.fr/…/2
Information à but pédagogique, à jour en octobre 2026. Elle ne constitue pas un conseil fiscal ou juridique personnalisé. SADOVA PATRIMOINE intervient en qualité de courtier en assurance : nous proposons et comparons des PER assurantiels. Pour le calcul exact de votre disponible fiscal, un PER « compte-titres », l'ingénierie fiscale, la donation ou le démembrement, rapprochez-vous du professionnel compétent (expert-comptable, conseiller en investissements financiers ou notaire).
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