Guide retraite — PER

Plan épargne retraite et impôt : déduction, sortie, déclaration

Le plan épargne retraite (PER) est l'une des rares enveloppes qui agit directement sur votre impôt sur le revenu : chaque versement volontaire peut être déduit de votre revenu imposable, dans la limite d'un plafond annuel. L'économie obtenue dépend de votre tranche marginale d'imposition (TMI) : plus elle est élevée, plus l'avantage est important.

La fiscalité du plan épargne retraite se joue toutefois en trois temps : à l'entrée (la déduction), pendant la vie du plan (aucune imposition) et à la sortie (capital ou rente). Ce guide détaille les règles en vigueur au 1er janvier 2026 — dont la hausse de la flat tax à 31,4 % sur les gains — et la bonne façon de déclarer vos versements.

Comment défiscaliser avec un PER ?

Pour défiscaliser avec un PER, il suffit de verser : chaque versement volontaire est déductible de votre revenu imposable de l'année, dans la limite de votre plafond épargne retraite. Il s'agit d'une déduction, et non d'une réduction d'impôt : l'avantage échappe donc au plafonnement global des niches fiscales et croît avec votre TMI.

Concrètement, l'économie d'impôt est égale au montant versé multiplié par votre TMI. Voici ce que rapporte un versement de 1 000 € selon votre tranche.

TMIÉconomie d'impôt pour 1 000 € versésEffort d'épargne réel
11 %110 €890 €
30 %300 €700 €
41 %410 €590 €
45 %450 €550 €

Le plafond de déduction 2026 correspond, pour un salarié, à 10 % des revenus professionnels de 2025, avec un minimum de 4 710 € et un maximum de 37 680 €. Les travailleurs indépendants disposent d'un plafond renforcé, qui peut atteindre 88 911 € en 2026. Attention : depuis le 1er janvier 2026, les versements effectués après 70 ans ne sont plus déductibles. Pour le fonctionnement complet du plan (versements, cas de déblocage anticipé, modes de sortie), consultez notre guide du PER.

Quel impôt sur le plan épargne retraite à la sortie ?

L'impôt sur le plan épargne retraite à la sortie dépend de deux paramètres : la déduction ou non de vos versements à l'entrée, et le mode de sortie choisi, capital ou rente. Pendant toute la phase d'épargne, en revanche, aucune imposition ne s'applique : les gains capitalisent sans frottement fiscal tant que vous ne retirez rien.

En cas de sortie en capital après des versements déduits, la part correspondant aux versements est soumise au barème progressif de l'impôt sur le revenu, sans prélèvements sociaux. Les gains relèvent du prélèvement forfaitaire unique, porté à 31,4 % depuis le 1er janvier 2026 : 12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux, conséquence de la hausse de la CSG à 10,6 % votée en loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026. À titre de comparaison, l'assurance-vie conserve des prélèvements sociaux à 17,2 % : un paramètre à intégrer dans l'arbitrage PER ou assurance-vie.

En cas de sortie en rente issue de versements déduits, la rente est imposée comme une pension de retraite : barème progressif après abattement de 10 % (régime des rentes viagères à titre gratuit, dites RVTG), plus prélèvements sociaux sur une fraction de la rente. Si les versements n'ont pas été déduits, la rente relève du régime des rentes viagères à titre onéreux (RVTO) : seule une fraction est imposable selon votre âge au premier versement, par exemple 40 % entre 60 et 69 ans et 30 % à partir de 70 ans. Fractionner une sortie en capital sur plusieurs années permet souvent de lisser la progressivité du barème ; ce point mérite d'être vérifié selon votre situation.

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PER et déduction fiscale : faut-il toujours déduire ses versements ?

Non : la déduction fiscale du PER est une option, pas une obligation, et y renoncer peut être pertinent si vous êtes peu ou pas imposé. Dans ce cas, la contrepartie intervient à la sortie : la part de capital correspondant aux versements non déduits est exonérée d'impôt, et seuls les gains supportent le prélèvement de 31,4 %.

La règle de bon sens : plus votre TMI est élevée aujourd'hui et plus elle a de chances de baisser à la retraite, plus la déduction est avantageuse. À partir d'une TMI de 30 %, elle devient nettement favorable, comme le détaille notre analyse du PER à TMI 30 %. À 0 % ou 11 %, l'option de non-déduction mérite en revanche d'être étudiée.

Comment déclarer son plan épargne retraite aux impôts ?

Pour déclarer votre plan épargne retraite aux impôts, reportez vos versements volontaires de l'année en case 6NS de la déclaration 2042 (6NT pour le déclarant 2, 6NU pour les personnes à charge), rubrique « Charges déductibles — Épargne retraite ». Les cases 6RS, 6RT et 6RU concernent, elles, les cotisations versées sur les anciens produits comme le PERP, la Préfon ou le COREM.

Le montant est souvent pré-rempli à partir des informations transmises par votre assureur : vérifiez-le avec votre attestation de versement. Votre plafond disponible figure sur votre dernier avis d'imposition. Bon à savoir : le plafond non utilisé reste reportable sur les trois années suivantes, et la loi de finances pour 2026 étend ce report à cinq ans pour les plafonds générés à compter de 2026. Les couples mariés ou pacsés peuvent en outre mutualiser leurs plafonds sur option.

Exemple chiffré (règles au 1er janvier 2026)

Prenons une salariée de 45 ans, imposée à une TMI de 30 %, qui verse 5 000 € par an sur son PER jusqu'à ses 65 ans.

  • Étape 1 — À l'entrée : chaque versement de 5 000 € déduit fait économiser 1 500 € d'impôt par an (5 000 € × 30 %).
  • Étape 2 — Sur 20 ans : 100 000 € versés, soit 30 000 € d'impôt économisés au total, sous réserve d'un plafond de déduction suffisant chaque année.
  • Étape 3 — Pendant la phase d'épargne : aucune imposition. Hypothèse purement illustrative et non garantie : un capital de 150 000 € à 65 ans, dont 50 000 € de gains.
  • Étape 4 — À la sortie en capital : les 100 000 € de versements sont imposés au barème ; avec une TMI retombée à 11 % à la retraite et des retraits fractionnés, environ 11 000 € d'impôt. Les 50 000 € de gains supportent le prélèvement de 31,4 %, soit 15 700 €.
  • Étape 5 — Bilan : environ 26 700 € d'impôt à la sortie, contre 30 000 € économisés à l'entrée — auxquels s'ajoutent vingt ans de capitalisation sur un impôt différé. Le gain provient d'abord de l'écart de TMI entre vie active et retraite.

Chaque situation est différente : montant à verser, option de déduction et mode de sortie méritent d'être calibrés selon votre TMI actuelle et future.

Questions fréquentes

L'économie est égale au versement multiplié par votre tranche marginale d'imposition : 110 € à 11 %, 300 € à 30 %, 410 € à 41 % et 450 € à 45 %. Elle suppose de rester dans votre plafond de déduction et peut varier si le versement vous fait changer de tranche.

En cas de sortie en capital, les gains supportent le prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % depuis le 1er janvier 2026, soit 12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux après la hausse de la CSG à 10,6 %. L'option pour le barème progressif reste possible si elle est plus favorable selon votre situation.

Les versements volontaires sur un PER individuel se déclarent en case 6NS de la déclaration 2042 (6NT pour le déclarant 2, 6NU pour les personnes à charge). Les cases 6RS à 6RU concernent les anciens produits comme le PERP ou la Préfon. Vérifiez le montant pré-rempli avec l'attestation de votre assureur.

Oui, la déduction est une simple option. Si vous y renoncez, la part de capital issue de ces versements est exonérée d'impôt à la sortie et seuls les gains sont taxés. Cette voie mérite d'être étudiée si votre taux d'imposition est faible ou nul.

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