Guide retraite — PER

Ouvrir un PER : qui, quand et comment s'y prendre en 2026

Le plan d'épargne retraite (PER) individuel est devenu le principal outil de préparation de la retraite en France, notamment grâce à la déduction fiscale de ses versements. Mais avant de signer, trois questions méritent une réponse claire : qui peut ouvrir un PER, quand le faire, et auprès de qui ? Les règles ont évolué récemment, et la loi de finances pour 2026 a encore modifié la donne, en particulier pour les épargnants les plus âgés.

Ce guide fait le point sur les conditions d'ouverture, le bon moment selon votre taux marginal d'imposition (TMI), les canaux de souscription et les critères qui comptent vraiment : frais, supports, mode de gestion. Sans promesse de performance, avec une grille de décision honnête.

Qui peut ouvrir un PER ?

Toute personne physique majeure résidant fiscalement en France peut ouvrir un PER individuel, sans aucune condition d'activité professionnelle. Salarié, indépendant, fonctionnaire, demandeur d'emploi, personne sans activité ou déjà retraitée : le statut n'est pas un critère d'accès.

Une exception importante existe depuis le 1er janvier 2024 : la loi industrie verte a fermé le PER aux mineurs. Le titulaire doit désormais avoir au moins 18 ans à l'ouverture du plan. Les PER ouverts avant cette date au nom d'enfants mineurs subsistent, mais ils ne peuvent plus recevoir de versements avant la majorité du titulaire. Pour les jeunes de moins de 21 ans, le plan d'épargne avenir climat (PEAC) a pris le relais.

Autre point utile : rien n'interdit de détenir plusieurs PER. Le plafond de déduction fiscale, lui, reste global : il se partage entre tous vos plans, quel que soit leur nombre.

Quand ouvrir un PER ? Le plus tôt possible si votre TMI atteint 30 %

Le bon moment pour ouvrir un PER se situe dès que votre taux marginal d'imposition atteint 30 % et que votre horizon avant la retraite dépasse une dizaine d'années. C'est à partir de ce seuil que la déduction des versements produit une économie d'impôt réellement significative, comme nous le détaillons dans notre guide PER et TMI à 30 %.

Ouvrir tôt présente deux avantages. La durée, d'abord : plus l'horizon est long, plus l'épargne peut être investie sur des supports dynamiques via une gestion pilotée à horizon, avec sécurisation progressive à l'approche de la retraite. Les plafonds, ensuite : chaque année d'activité fait naître un droit à déduction — jusqu'à 37 680 € en 2026 pour un salarié, davantage pour un indépendant. La loi de finances pour 2026 a par ailleurs allongé le report des plafonds non utilisés : ceux nés à compter du 1er janvier 2026 restent mobilisables pendant cinq ans, contre trois auparavant.

À l'inverse, si votre TMI est de 11 % ou si vous n'êtes pas imposable, la déduction perd l'essentiel de son intérêt : rien ne presse, d'autres enveloppes méritent d'être examinées d'abord.

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Peut-on ouvrir un PER à la retraite ?

Oui : la loi ne fixe aucun âge maximum pour ouvrir un PER individuel, y compris lorsque vous êtes déjà retraité. En pratique, ce sont les assureurs qui posent leurs propres limites contractuelles, souvent entre 75 et 80 ans selon les contrats : ce point mérite d'être vérifié avant toute souscription.

Pourquoi ouvrir un PER à la retraite ? Parce que vos pensions restent imposables : tant que vous payez l'impôt sur le revenu, la déduction des versements conserve un effet réel, dans la limite d'un plancher de déduction accessible même sans revenus professionnels. La logique consiste à déduire pendant que vos revenus sont encore taxés, puis à piloter les retraits dans le temps.

La nuance est devenue majeure : depuis le 1er janvier 2026, les versements effectués après le 70e anniversaire du titulaire ne sont plus déductibles du revenu imposable. C'est la date du versement qui compte, pas celle de l'ouverture du plan. La fenêtre d'intérêt fiscal se situe donc entre le départ en retraite et 70 ans, et suppose une TMI d'au moins 30 %. Notre page dédiée au PER retraite détaille ces arbitrages.

Comment ouvrir un PER : banque, assureur, courtier ou CGP ?

Pour ouvrir un PER, il suffit de signer un contrat auprès d'une banque, d'une compagnie d'assurance, d'un courtier en ligne ou d'un conseiller en gestion de patrimoine (CGP), avec une pièce d'identité, un RIB et un questionnaire de connaissance client. La formalité est simple ; la vraie question est le choix du contrat.

Trois critères pèsent lourd sur vingt ans. Les frais sur versements, d'abord : de nombreux contrats distribués en ligne ou par des cabinets indépendants les affichent à 0 %, quand certains réseaux traditionnels en facturent encore. Les frais de gestion annuels, ensuite, prélevés quelle que soit l'évolution des marchés. La qualité des supports, enfin : fonds indiciels (ETF), immobilier, fonds en euros, et un mode de gestion adapté à votre profil, pilotée à horizon ou libre.

Canal de souscriptionFrais sur versementsAccompagnement
Banque traditionnelleSouvent facturésStandardisé, en agence
Assureur (agent, réseau)Variables, parfois négociablesCentré sur les produits maison
Courtier en ligneGénéralement 0 %À distance, pour profils autonomes
CGP indépendantFréquemment 0 % sur les contrats référencésPersonnalisé, stratégie patrimoniale globale

Faut-il ouvrir un PER ? La grille de décision

Faut-il souscrire un PER ? Oui, le plus souvent, si votre TMI atteint 30 % ou plus et que vous acceptez de bloquer cette épargne jusqu'à la retraite, hors cas de déblocage anticipé (dont l'achat de la résidence principale). En dessous de ce seuil, la réponse est plus nuancée.

  • TMI 41 % ou 45 % : le PER est généralement l'enveloppe de déduction la plus puissante, à condition d'anticiper une TMI plus faible à la retraite.
  • TMI 30 % : intérêt réel dès que l'horizon dépasse une dizaine d'années et que votre épargne de précaution est déjà constituée.
  • TMI 11 % ou non imposable : la déduction rapporte peu ou rien ; une assurance-vie est souvent mieux adaptée à votre situation.
  • Besoin de liquidité avant la retraite : le blocage des fonds plaide pour d'autres enveloppes, seules ou en complément.

Gardez enfin à l'esprit que l'économie d'impôt à l'entrée n'est pas un gain définitif : les sommes déduites sont imposées à la sortie. L'intérêt du PER repose sur le différentiel entre votre TMI d'activité et celle attendue à la retraite. Pour arbitrer entre les deux grandes enveloppes, consultez notre comparatif PER ou assurance-vie.

Exemple chiffré (règles au 1er janvier 2026)

Prenons le cas, volontairement simplifié, d'une salariée de 45 ans dont le revenu net imposable atteint 60 000 € et la TMI 30 %.

  • Étape 1 — Elle vérifie son plafond de déduction : 10 % de ses revenus professionnels de l'année précédente, soit environ 6 000 €, loin du maximum de 37 680 € applicable en 2026.
  • Étape 2 — Elle ouvre un PER sans frais sur versements et verse 6 000 € avant le 31 décembre.
  • Étape 3 — Son économie d'impôt ressort à 6 000 € × 30 % = 1 800 €. Son effort d'épargne réel n'est donc que de 4 200 €.
  • Étape 4 — À la sortie en capital, la part correspondant aux versements déduits sera imposée au barème, et les gains soumis à la flat tax, portée à 31,4 % depuis le 1er janvier 2026 pour la plupart des revenus du capital. L'opération reste favorable si sa TMI à la retraite est inférieure ou égale à 30 %, ce qui mérite d'être vérifié selon votre situation.

Chaque cas est particulier : plafonds reportables, TMI future, projets de sortie. Une analyse personnalisée reste indispensable avant de souscrire.

Questions fréquentes

Non. Depuis le 1er janvier 2024, le titulaire d'un PER individuel doit avoir au moins 18 ans à l'ouverture. Les plans ouverts avant cette date subsistent, mais ne peuvent plus être alimentés avant la majorité du titulaire. Le plan d'épargne avenir climat (PEAC) est l'alternative dédiée aux moins de 21 ans.

La loi n'en prévoit aucun, mais la plupart des assureurs fixent une limite contractuelle, souvent entre 75 et 80 ans. Surtout, depuis le 1er janvier 2026, les versements effectués après le 70e anniversaire ne sont plus déductibles du revenu imposable, ce qui réduit fortement l'intérêt fiscal au-delà de cet âge.

Oui, aucune règle ne limite le nombre de PER par personne. En revanche, le plafond de déduction fiscale est global et se partage entre tous vos plans. Multiplier les contrats n'augmente donc pas l'avantage fiscal, mais peut permettre de diversifier gestionnaires et supports.

Les frais sur versements en priorité, que de nombreux contrats en ligne et cabinets indépendants proposent à 0 %, puis les frais de gestion annuels du contrat et ceux des supports. Sur un horizon de vingt ans, quelques dixièmes de point d'écart pèsent sensiblement sur le capital final.

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